Questions à se poser
- Reconnais-tu ce sentiment de vouloir être honnête sur ce que tu penses, tout en ayant peur de perdre des relations importantes ?
- As-tu déjà remarqué que ce qui semble aller de soi pour le monde extérieur ne correspond plus tout à fait à la personne que tu es au fond de toi ?
- Ressens-tu parfois la tension entre rester fidèle à ta famille ou à ta communauté et rester fidèle à ta propre conscience ?
- As-tu déjà douté de savoir si tu faisais un choix par conviction, ou surtout par peur des conséquences ?
- Connais-tu ce sentiment de t’adapter sans cesse, en te demandant quel en est le prix à long terme ?
QUESTIONS RÉCURRENTES
Vous êtes-vous déjà demandé :
• Suis-je encore fidèle à moi-même ?
• Ai-je le droit d’être honnête sur ce que je crois vraiment ?
• Et si mes convictions changeaient ?
• Puis-je rester moi-même tout en gardant ma famille ?
• Suis-je égoïste si je choisis ma propre voie ?
• Qu’est-ce qui fait, au final, le plus mal : me renier moi-même ou perdre des personnes que j’aime ?
• Puis-je être heureux en vivant selon des attentes qui ne me correspondent plus ?
Pour beaucoup de personnes, ce n’est pas une question théorique.
Ce peut être l’un des choix les plus difficiles de leur vie.
QUE SIGNIFIE ÊTRE FIDÈLE À SOI-MÊME ?
Être fidèle à soi-même, c’est essayer de vivre en accord avec ses propres valeurs, ses convictions et sa conscience.
Cela ne veut pas dire ne jamais avoir de doutes.
Ni être toujours sûr de faire le bon choix.
Cela veut dire, en revanche, essayer d’être honnête envers soi-même.
Parfois, on découvre que ses convictions évoluent.
Cela peut se produire à la suite de nouvelles expériences, de discussions, d’études ou d’un cheminement personnel.
C’est une partie normale de la vie.
POURQUOI EST-CE SI DIFFICILE ?
Les êtres humains ont deux besoins psychologiques fondamentaux.
Le premier est le lien.
Nous voulons appartenir à un groupe.
Nous avons besoin de famille, d’amis et de personnes qui nous connaissent.
Le second est l’autonomie.
Nous voulons aussi avoir le sentiment d’être libres de mener notre propre vie et de faire des choix qui nous ressemblent.
En général, ces besoins vont bien ensemble.
Mais parfois, ils entrent en conflit.
Par exemple, lorsque l’honnêteté sur ses convictions signifie risquer de perdre des relations importantes.
On a alors l’impression de devoir choisir entre deux choses qui ont toutes les deux une grande valeur.
IL N’EXISTE PARFOIS AUCUN CHOIX SANS DOULEUR
Certaines personnes restent au sein d’une communauté parce que le lien avec les autres pèse plus lourd pour elles.
D’autres choisissent d’être honnêtes sur leurs convictions, même lorsque cela a de lourdes conséquences.
D’autres encore cherchent pendant des années une voie médiane.
Aucun de ces choix n’est simple.
Chaque situation est différente.
C’est pourquoi il est important d’être prudent avec des phrases comme :
« Il faut juste être soi-même. »
ou :
« Il faut juste rester pour sa famille. »
La réalité est souvent bien plus complexe.
EN QUOI CELA PEUT-IL RÉSONNER CHEZ LES TÉMOINS DE JÉHOVAH ?
Pour beaucoup de Témoins de Jéhovah, la foi, la famille, les amis et la communauté sont étroitement liés.
Pour certaines personnes, un changement de convictions peut donc avoir des conséquences non seulement sur leur foi, mais aussi sur leur vie sociale.
Certains anciens Témoins de Jéhovah disent s’être demandé :
« Puis-je être honnête sur ce que je pense sans perdre ma famille ? »
D’autres ont choisi de ne pas partager leurs doutes par crainte des conséquences.
Il y a aussi des personnes qui restent dans la communauté et s’y sentent heureuses.
Chaque situation personnelle est différente.
L’objectif de ce chapitre n’est donc pas d’imposer un choix, mais de montrer pourquoi ce type de réflexion peut être si éprouvant.
QUE DIT LA PSYCHOLOGIE ?
Les recherches montrent que l’authenticité — vivre en accord avec ses propres valeurs — est en moyenne associée à un meilleur bien-être psychologique.
Dans le même temps, les recherches montrent que le lien est aussi un besoin humain fondamental.
Cela signifie que les deux sont importants.
Lorsqu’une personne a le sentiment de devoir choisir entre être fidèle à elle-même et conserver son réseau social, de la tristesse, des doutes, de la culpabilité et un sentiment de deuil peuvent apparaître.
C’est une réaction humaine compréhensible.
EXISTE-T-IL UN BON CHOIX ?
La psychologie n’apporte pas de réponse générale à cette question.
Il n’existe aucune étude qui dise :
« Tout le monde est plus heureux en partant. »
Mais pas non plus :
« Tout le monde est plus heureux en restant. »
Ce qui est le meilleur choix pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.
En revanche, il peut être utile de se demander honnêtement :
Est-ce que je vis selon mes convictions ?
Ou est-ce que je vis surtout par peur ?
C’est une question à laquelle vous seul pouvez répondre.
QUE FAIRE AVEC TOUT ÇA ?
Prenez le temps.
Les grandes décisions de vie n’ont pas à être prises en une seule journée.
Parlez à des personnes en qui vous avez confiance.
Lisez différentes sources.
Réfléchissez à ce qui compte vraiment pour vous.
Et essayez de faire la différence entre :
Qu’est-ce que je crois vraiment ?
et
De quoi ai-je peur si je suis honnête sur ce que je crois ?
Ce sont deux questions différentes.
QUESTIONS À MÉDITER
• Quelles valeurs sont vraiment les miennes ?
• Quelles convictions ai-je moi-même examinées ?
• Ai-je peur de la vérité, ou des conséquences de la vérité ?
• Quel rôle la peur joue-t-elle dans mes choix ?
• Quel rôle l’amour joue-t-il ?
• Puis-je comprendre les choix des autres, même lorsque je fais d’autres choix ?
• À quoi ressemblerait ma vie si je pouvais être totalement honnête ?
• Quel prix je paie lorsque je continue à m’adapter ?
• Quel prix je paie lorsque j’arrête de le faire ?
• Quel choix correspond le mieux à ma conscience ?
RÉSUMÉ
Être fidèle à soi-même ne veut pas dire ne plus tenir compte des autres.
Et l’appartenance ne veut pas dire qu’il faut se perdre soi-même.
Pour certaines personnes, ces deux besoins vont naturellement de pair.
Pour d’autres, ils s’opposent.
Lorsque la foi, la famille et l’identité sont étroitement entremêlées, être honnête au sujet de ses convictions peut devenir l’un des choix les plus difficiles de toute une vie.
Il n’existe pas de solution simple qui convienne à tout le monde.
En revanche, il peut être utile d’examiner pas à pas quel choix correspond le mieux à vos valeurs, à votre conscience et à votre vie.
Au fond, la question la plus importante n’est peut-être pas :
« Quel est le choix le plus facile ? »
Mais :
« Avec quel choix pourrai-je encore me regarder dans le miroir dans dix ans ? »
SOURCES SCIENTIFIQUES
Baumeister, R. F. & Leary, M. R. (1995). The Need to Belong
Un article influent qui décrit l’appartenance comme un besoin humain fondamental et important pour le bien-être psychologique.
Deci, E. L. & Ryan, R. M. – Self-Determination Theory
Cette théorie décrit l’autonomie, l’appartenance et la compétence comme trois besoins psychologiques fondamentaux. Lorsque les personnes ont le sentiment de pouvoir faire leurs propres choix tout en se sentant liées aux autres, cela est en moyenne associé à un meilleur bien-être.
Kernis, M. H. & Goldman, B. M. – Authenticity Theory
Les recherches sur l’authenticité montrent que vivre en accord avec ses propres valeurs et convictions est en moyenne associé à un meilleur bien-être psychologique, même si le chemin pour y parvenir peut être difficile.