EXJW WorldBase de connaissances

Base de connaissances › 🧠 Encyclopédie de la psychologie de A à Z

S - Renvoi de la faute

Quand la responsabilité de son propre comportement retombe sur quelqu’un d’autre

Quand la responsabilité de son propre comportement retombe sur quelqu’un d’autre QUESTIONS RECONNAISSABLES As-tu déjà pensé : • Pourquoi suis-je tenu(e) pour responsable de la manière dont quelqu’un d’autre réagit à mon égard ? • Pourquoi quelqu’un dit-il : « C’est toi qui me forces à faire ça » ? • Pourquoi me sens-je responsable de la tristesse, de la colère ou des choix des autres ? • Mon comportement peut-il provoquer une réaction sans que je sois responsable de cette réaction ? • Pourquoi est-il parfois si difficile d’admettre que nous avons nous-mêmes mal agi ? • Quand quelqu’un est-il vraiment responsable, et quand la responsabilité est-elle déplacée ? • Le transfert de la faute peut-il aussi se produire inconsciemment ? Cela peut avoir à voir avec le blame shifting , autrement dit le transfert de la faute ou de la responsabilité. QU’EST-CE QUE LE TRANSFERT DE LA FAUTE ? Le transfert de la faute consiste à rejeter sur quelqu’un d’autre, totalement ou partiellement, la responsabilité de son propre comportement, de sa décision ou de son erreur. Un exemple simple : Quelqu’un crie pendant une dispute et dit ensuite : « Oui, mais c’est toi qui m’as mis(e) en colère. » L’autre a effectivement pu dire quelque chose qui a déclenché la colère. Mais deux choses distinctes se sont produites : Quelqu’un dit quelque chose ↓ L’autre se met en colère ↓ L’autre décide de crier La première personne peut être responsable de ses propres paroles. La seconde reste responsable de la manière dont elle gère sa colère. Le transfert de la faute survient lorsque ces limites entre responsabilités deviennent floues. POURQUOI LES GENS FONT-ILS CELA ? Il n’est pas agréable de découvrir que l’on a mal agi. Cela peut entrer en conflit avec l’image que l’on a de soi : « Je suis quelqu’un de bien. » « Je suis quelqu’un de raisonnable. » « Je traite bien les autres. » Lorsque notre comportement ne correspond pas à cette image de soi, une tension psychologique peut apparaître. Une façon de réduire cette tension est de se dire : « Ce n’était pas de ma faute. » Ou : « Je n’avais pas le choix. » Ou : « Si tu n’avais pas fait ça, je n’aurais pas eu à réagir ainsi. » Cela ne se fait pas toujours de manière consciente ou manipulatrice. Les gens sont très doués pour trouver après coup des explications qui rendent leur comportement plus compréhensible à leurs propres yeux. EXEMPLES DE LA VIE QUOTIDIENNE Un parent dit : « Je me suis mis(e) en colère seulement parce que tu n’écoutais pas. » Un employé dit : « J’ai fait cette erreur parce que mon collègue m’avait mal tout expliqué. » Quelqu’un qui oublie un rendez-vous dit : « Tu aurais dû me le rappeler. » Ou encore, après un conflit, quelqu’un coupe les ponts et dit : « C’est toi qui as fait qu’on n’a plus de contact. » Parfois, l’autre a bel et bien sa part dans une situation. C’est pourquoi le transfert de la faute n’est pas toujours noir ou blanc. La meilleure question est : Qui était responsable de quoi ? LA CAUSE N’EST PAS LA MÊME CHOSE QUE LA RESPONSABILITÉ Cette distinction est très importante. Ton comportement ↓ peut provoquer quelque chose chez moi ↓ mes sentiments ↓ mais je reste responsable de ↓ ma réaction Supposons que quelqu’un me fasse une critique. Cela me met en colère. Ma colère s’est bel et bien manifestée à la suite de cette conversation. Mais ensuite, je peux : m’éloigner ; répondre calmement ; crier à mon tour ; poser une limite ; ou reprendre la conversation plus tard. Mon émotion a donc un déclencheur. Mon comportement reste de ma responsabilité. COMMENT CELA PEUT-IL ÊTRE RECONNAISSABLE CHEZ LES (EX-)TÉMOINS DE JÉHOVAH ? Ici, je formulerais cela avec prudence sur EXJW.world . Certains anciens Témoins de Jéhovah décrivent par exemple des conversations au cours desquelles on leur dit : « C’est toi qui as choisi de partir. » « C’est toi qui as quitté la famille. » ou : « Si tu reviens, tout pourra redevenir comme avant. » Cela peut amener la personne partie à conclure : « Donc, la perte de ma famille est ma faute. » Mais psychologiquement, il est utile de distinguer les différentes décisions. PERSONNE A « Je ne crois plus cela et je décide de l’exprimer. » ↓ PERSONNE B « À partir de mes convictions religieuses, je décide de limiter le contact. » ↓ CONSÉQUENCE Une distance ou une perte de contact s’installe. Les deux personnes ont fait un choix. Cela ne veut pas dire que les deux choix ont été aussi faciles, qu’ils ont eu les mêmes conséquences ou qu’ils sont moralement équivalents. Cela signifie seulement que la responsabilité peut être examinée plus précisément lorsque l’on analyse chaque décision séparément. « MAIS C’EST TOI QUI ES PARTI(E), NON ? » C’est précisément là que la cause, le déclencheur et la responsabilité peuvent être confondus. Si quelqu’un ne s’en était pas allé, une certaine situation ne se serait peut-être pas produite. Mais cela ne signifie pas automatiquement que tout ce qui se passe ensuite relève de la responsabilité de cette personne. Comparons : Quelqu’un dit à un ami : « Je ne veux plus que tu m’insultes. » L’ami répond : « Si tu poses de telles conditions à notre amitié, je ne veux plus jamais te voir. » La limite fixée a été un déclencheur du conflit. Mais la décision de rompre ensuite le contact est une nouvelle décision de l’autre . Cette distinction peut aussi être importante dans les relations familiales. LE REPORT DE FAUTE PEUT VENIR DES DEUX CÔTÉS Je trouve cela important pour la neutralité de EXJW.world . Un ancien Témoin de Jéhovah peut lui aussi reporter la responsabilité. Par exemple : « Tout ce qui va mal dans ma vie vient de mon éducation. » Une éducation religieuse a pu avoir une grande influence. Il est possible que quelqu’un ait réellement été blessé par certaines expériences. Mais cela ne veut pas dire automatiquement que chaque décision ultérieure est entièrement déterminée par le passé. La guérison peut justement consister à : reconnaître ce que les autres m’ont fait subir et examiner ce dont je peux moi-même être responsable aujourd’hui. Ainsi, l’article ne devient pas une accusation dirigée contre un seul groupe. REPORT DE FAUTE OU EXPLICATION HONNÊTE ? Toute explication n’est pas un report de faute. Explication : « J’ai réagi ainsi parce que j’avais peur. Cela explique mon comportement, mais je n’aurais pas dû te traiter de cette façon. » Report de faute : « J’ai réagi ainsi parce que tu m’as fait peur. Donc c’est de ta faute. » La différence tient surtout à ce qui se passe ensuite : Est-ce que j’assume encore ma part de responsabilité ? UN SCHÉMA UTILE IL SE PASSE QUELQUE CHOSE ↓ Je ressens une émotion ↓ Je réagis ↓ Il en résulte des conséquences Puis quatre questions distinctes : Qu’a fait l’autre ? ↓ Qu’ai-je ressenti ? ↓ Qu’ai-je fait ? ↓ De quoi suis-je responsable ? Cela évite de tout mélanger. QUE PEUT-ON EN FAIRE ? Quand quelqu’un dit : « À cause de toi, j’ai dû... » essaie d’examiner le mot j’ai dû . N’y avait-il vraiment aucune autre possibilité ? Tu peux ensuite faire deux colonnes : MA RESPONSABILITÉ Mes paroles Mon comportement Mes décisions Mes limites Mes erreurs RESPONSABILITÉ DE L’AUTRE Ses paroles Son comportement Ses décisions Ses limites Ses erreurs Parfois, tu découvres que tu dois effectivement assumer une part de responsabilité. Ce n’est pas un problème. Assumer sa responsabilité, c’est justement différent de prendre toute la faute sur soi. QUESTIONS À MÉDITER • De quoi me tient-on responsable ? • Ai-je vraiment eu le contrôle là-dessus ? • Quelle était ma part ? • Quelle était la part de l’autre ? • Est-ce que je confonds le déclencheur avec la responsabilité ? • Est-ce que quelqu’un dit souvent : « À cause de toi, j’ai dû... » ? • Est-ce que j’emploie moi-même parfois ce genre de phrases ? • Puis-je expliquer mon comportement sans le justifier ? • Puis-je reconnaître qu’on m’a blessé tout en continuant à examiner ma propre part ? • Quelle responsabilité est vraiment la mienne ? • Quelle responsabilité est-ce que j’essaie peut-être de prendre à la place de quelqu’un d’autre ? RÉSUMÉ Le report de faute se produit lorsque la responsabilité de son propre comportement ou de ses propres décisions est transférée à quelqu’un d’autre. Le contraire n’est pas : « Je n’y suis pour rien. » Le contraire est : « Chacun porte la responsabilité de sa propre part. » C’est pourquoi il est utile de distinguer entre : Déclencheur ↓ Sentiment ↓ Choix ↓ Comportement ↓ Responsabilité Parfois, plusieurs personnes ont chacune une part dans une même situation douloureuse. Tu peux reconnaître ce que tu aurais pu faire autrement sans être responsable de tout ce qu’une autre personne a ensuite décidé. Et l’inverse est tout aussi vrai. Une responsabilité saine ne consiste pas à mettre toute la faute sur soi ou sur l’autre. Elle consiste à examiner aussi honnêtement que possible quelle part revient à qui.