Base de connaissances › Famille et relations
Exclusion par la famille : gérer un contact partiel ou nul
Repères pratiques et émotionnels si des membres de ta famille te font la loi du silence
L’exclusion par la famille est, pour beaucoup d’EX-JW, l’aspect le plus douloureux du départ. Des parents, des frères, des sœurs, des enfants — des personnes qu’on a aimées toute sa vie, qui soudain ne vous adressent presque plus la parole. Cet article ne traite pas de la manière de « régler » cela, mais de la façon d’apprendre à vivre avec. Pas une lutte à armes égales Une chose qu’il est utile de comprendre : vous et votre proche n’êtes pas dans la même position. Vous avez fait un choix en fonction de vos propres réflexions. Eux agissent dans le cadre d’un système qui leur dit que tout contact représente un danger spirituel — pour eux-mêmes comme pour vous. Ils ne sont pas indifférents ; ils font ce qu’ils croient qu’on attend d’eux. Cela n’efface pas la douleur. Mais cela aide parfois à voir les choses autrement que comme un rejet personnel. Entretenir le contact — lorsque c’est encore un peu possible Certaines familles appliquent une forme modérée de shunning : pas de conversations de fond, mais des messages brefs pour les anniversaires ou lors d’événements particuliers. Si c’est votre cas, il existe des façons de maintenir vivante cette connexion minimale : Envoyez de temps en temps un message bref, sans contenu particulier mais chaleureux (« Je pense à toi »), sans forcer une discussion sur la foi Montrez de l’intérêt pour leur vie — les enfants, le travail, la santé — sans commenter le contexte religieux Évitez, dans ces moments de contact, les discussions sur la doctrine ou sur vos propres choix — cela leur rend l’entretien du lien plus difficile Quand il n’y a vraiment plus de contact Pour certaines personnes, il n’y a littéralement plus aucun contact. Des parents qui ne répondent plus au téléphone, des frères qui traversent la rue pour vous éviter. C’est une perte traumatique — comparable à un décès, mais sans le rituel social qui accompagne un décès. Autorisez-vous à faire votre deuil. C’est une perte. Cherchez du soutien auprès de personnes qui comprennent — d’autres EX-JW, un thérapeute, ou des amis qui prennent la situation au sérieux. Écrivez des lettres que vous n’envoyez pas — comme moyen de donner une place à vos sentiments. Espoir et réalisme Certaines relations familiales se réparent avec le temps — parfois à la suite d’un événement grave (maladie, décès d’un membre de la famille partagé), parfois parce que le proche commence lui-même à douter. C’est possible, mais cela n’offre aucune garantie. Si vous gardez l’espoir : faites-le pour vous, et non comme raison de mettre votre propre vie en suspens jusqu’à ce qu’ils décident de reprendre contact. Quand des enfants sont concernés Si vos enfants subissent le shunning de la part de grands-parents, d’oncles ou de tantes : expliquez-leur honnêtement, avec des mots adaptés à leur âge, qu’il y a quelque chose de difficile dans la relation — sans humilier le membre de la famille. Les enfants ont le droit d’être tristes de l’absence de certains proches. C’est la conséquence de la situation, pas de votre choix.